Collection privée · Éditions au fil des trouvailles

La Gazette Automobile

Le musée automobile virtuel de Marie Soldà

Nº III Troisième édition Les italiennes msolda.fr

Il y a des voitures qui n'ont besoin d'aucune traduction : leur silhouette suffit à dire d'où elles viennent. Cette troisième collection est un hommage à l'Italie automobile, des lignes les plus pures aux technologies les plus radicales — cinq créations qui, à des décennies d'écart, partagent la même obsession de la performance.

À la une · Pièce maîtresse

Ferrari F40, le testament ultime d'Enzo Ferrari

Une voiture d'ingénieurs, sans concession : comment ne pas céder au testament ultime du fondateur ?


Ferrari F40 rouge, vue de trois-quarts avant, devant une demeure à colonnades

Dévoilée en 1987 pour célébrer les 40 ans de la marque au Cheval Cabré (fondée en 1947), la Ferrari F40 est la dernière voiture personnellement approuvée par Enzo Ferrari, disparu l'année suivante, en août 1988. Conçue sans le moindre compromis, elle incarne à elle seule la philosophie du fondateur : une voiture d'ingénieurs, pensée pour la performance pure, sans aucune concession au confort.

Sous son capot arrière loge un V8 de 2,9 litres à double turbocompresseur, développant environ 478 chevaux pour à peine plus d'une tonne sur la balance — une carrosserie mêlant Kevlar, fibre de carbone et aluminium, collée sur un châssis tubulaire en acier. De quoi propulser la F40 de 0 à 100 km/h en 4,1 secondes et jusqu'à 324 km/h en pointe, faisant d'elle la première voiture de série de l'histoire à franchir la barre symbolique des 200 miles par heure.

Cet extrémisme se retrouve jusque dans l'habitacle : ni direction assistée, ni ABS, ni moquette, ni poignées de porte — remplacées par de simples cordelettes — et des vitres coulissantes en plexiglas sur les premiers exemplaires. À peine 1 311 exemplaires ont été produits jusqu'en 1992, faisant de la F40 l'une des Ferrari les plus pures et les plus recherchées jamais construites.

1987 – 1992

Pièce Nº II

Lamborghini Countach, la révolution des lignes droites


Lamborghini Countach LP400S noire, vue de trois-quarts avant, place Vendôme à Paris

Dévoilée sous forme de concept LP500 en 1971 puis produite à partir de 1974, la Lamborghini Countach marque une rupture radicale avec la Miura qui l'a précédée. Toutes deux signées Marcello Gandini chez Bertone, elles n'ont pourtant rien en commun : aux courbes voluptueuses de la Miura succèdent les lignes tendues, anguleuses et presque géométriques de la Countach — un choc esthétique qui invente, à lui seul, le langage « wedge » (en coin) qui influencera des générations entières de designers, jusqu'à la Testarossa et la F40 présentées dans cette même gazette.

La version LP400S, apparue en 1978, pousse cette radicalité plus loin encore : élargissement des ailes pour accueillir les premiers pneus Pirelli P7 — conçus spécifiquement pour elle — et, en option, l'imposant becquet arrière devenu l'un des symboles de la voiture. Sous le capot moteur central arrière, toujours le même V12 Bizzarrini de 3,9 litres, culminant à environ 353 chevaux — une mécanique aussi spectaculaire à l'oreille qu'à l'œil.

1978

Pièce Nº IV

Lamborghini Revuelto, la nouvelle ère du Taureau


Lamborghini Revuelto orange, vue de trois-quarts arrière, dans un cadre architectural sombre

Dévoilée en mars 2023, la Lamborghini Revuelto inaugure une nouvelle ère pour la marque au taureau : elle succède à l'Aventador et devient la toute première Lamborghini de série à adopter une motorisation hybride. Son cœur reste pourtant fidèle à l'ADN de la maison : un V12 atmosphérique de 6,5 litres, entièrement nouveau, épaulé par trois moteurs électriques — un intégré à la boîte huit rapports, deux autres sur l'essieu avant assurant la transmission intégrale et la vectorisation du couple. Au total : environ 1 015 chevaux cumulés, le 0 à 100 km/h en 2,5 secondes à peine, et même un mode tout électrique pour rouler en silence en ville.

Sa silhouette, plus anguleuse et stratifiée que celle de l'Aventador, prolonge l'héritage esthétique amorcé par la Countach et repris par toute une lignée de supercars italiennes présentées dans cette gazette — cette fois inspiré des codes de l'aviation furtive. La signature la plus marquante se niche pourtant à l'arrière : les trois sorties d'échappement, regroupées au centre et placées en hauteur plutôt qu'aux extrémités basses du bouclier, comme c'est pourtant l'usage sur la quasi-totalité des supercars modernes. Un parti pris rare, presque architectural, qui donne à la Revuelto la face arrière la plus reconnaissable de toute la production Lamborghini actuelle.

Quant à son nom, il perpétue la tradition Lamborghini de baptiser ses modèles d'après de célèbres taureaux de combat : Revuelto désigne un taureau espagnol du XIXe siècle, resté dans les mémoires pour avoir affronté seul, sans faiblir, les picadors à cheval.

2023

Pièce Nº III

Lancia Stratos, la sculpture qui a dominé les rallyes


Lancia Stratos orange, vue de trois-quarts avant, devant des wagons de train au coucher du soleil

Conçue dès l'origine comme une arme de rallye, la Lancia Stratos HF naît de la collaboration entre Bertone — une nouvelle fois sous le crayon de Marcello Gandini, déjà croisé avec la Countach dans cette gazette — et la division compétition de Lancia. Son architecture est radicale : un empattement extrêmement court, un habitacle avancé au maximum et, en position centrale arrière, un V6 Ferrari « Dino » de 2,4 litres emprunté à la 246 GT — une motorisation transversale choisie pour son compromis idéal entre puissance et compacité.

Le résultat dépasse toutes les attentes : la Stratos rafle trois titres mondiaux constructeurs consécutifs, en 1974, 1975 et 1976, et multiplie les victoires sur les épreuves les plus prestigieuses, du Monte-Carlo au Tour de Corse. Homologuée en catégorie Groupe 4 à environ 400 exemplaires, elle reste aujourd'hui l'une des voitures de rallye les plus courtes, les plus légères et les plus redoutées jamais engagées en compétition — une silhouette en forme de coin qui continue, cinquante ans plus tard, de faire tourner les têtes.

1973 – 1978

Pièce Nº V

Ferrari 849 Testarossa, la légende réincarnée


Ferrari 849 Testarossa grise à bande blanche, vue de trois-quarts avant, dans un tunnel en béton

Dévoilée en octobre 2025, la Ferrari 849 Testarossa succède à la SF90 Stradale et devient le nouveau porte-étendard hybride de la marque. Sous le capot arrière : un V8 biturbo de 4,0 litres, épaulé par trois moteurs électriques (un intégré à la boîte, deux sur l'essieu avant) pour une puissance combinée avoisinant les 1 050 chevaux — de quoi abattre le 0 à 100 km/h en un peu plus de deux secondes.

Mais au-delà de la fiche technique, la 849 Testarossa revendique surtout un nom : un hommage assumé à la Testarossa de 1984, déjà présentée dans cette gazette. Quatre décennies séparent les deux voitures, mais la filiation est clairement revendiquée — la preuve, s'il en fallait une, que certains noms de la maison au Cheval Cabré ne se démodent jamais.

2025

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